Retour à Histoires VTTAdventureGravelKidsOthersRouteTrackTriathlonUrban

Tout ce qu’il faut savoir sur la sécurité des casques

17 Févr. 2026

Les casques de vélo sont‑ils tous aussi sûrs ? Cet article vous présente les études et résultats de sécurité les plus récents, les certifications des casques ainsi que les résultats des tests d’impact. Nous vous montrons comment les différents modèles de casques Lazer se comportent et ce que cela signifie pour votre protection.

Commençons par le début…

1. Pourquoi porter un casque de vélo ?

Avant d’examiner en détail les procédures de test des casques, il est essentiel de comprendre pourquoi leur utilisation est si fortement recommandée.

La principale raison pour laquelle chaque cycliste devrait porter un casque est la protection significative qu’il offre contre les blessures à la tête. De nombreuses études montrent que cet équipement peut réduire de manière importante les blessures à la tête et au cerveau.

L’étude la plus complète à ce jour, menée par Olivier et Creighton1, a analysé 40 études portant sur des milliers de cyclistes blessés. Elle conclut que les casques réduisent :

☑️ Les blessures à la tête de 51 %

☑️ Les blessures graves à la tête de 69 %

☑️ Les blessures mortelles à la tête de 65 %

Des résultats similaires apparaissent dans une enquête détaillée portant sur 71 accidents mortels de cyclistes2, où il a été constaté que la majorité des victimes ne portaient pas de casque (65 %). L’analyse suggère que plus de la moitié de ces cyclistes auraient pu survivre s’ils avaient porté un casque.

De nombreuses autres études peuvent être citées pour démontrer l’efficacité des casques de vélo, car leur utilité est parfois remise en question dans les médias ou par certains consommateurs.

2. Comprendre les certifications de sécurité des casques de vélo

Choisir le bon casque de vélo ne se résume pas au style ou au confort, c’est avant tout une question de sécurité. Dans le monde entier, différentes régions ont développé leurs propres certifications pour garantir que les casques répondent à des normes de protection strictes. Bien que toutes visent à protéger les cyclistes, les méthodes de test et les critères peuvent varier considérablement.

Vous trouverez ci‑dessous les certifications les plus courantes, leur signification et leur importance.


CPSC

Aux États‑Unis, chaque casque de vélo vendu doit répondre aux normes établies par la Consumer Product Safety Commission (CPSC). Cette certification obligatoire garantit que les casques sont conçus pour résister à des forces d’impact importantes, qu’ils disposent de systèmes de maintien fiables et d’une coque extérieure résistante.

Les casques portant la mention CPSC ont subi des tests approfondis pour vérifier leur capacité à protéger efficacement les cyclistes. Par rapport à la norme EN 1078, la CPSC soumet les casques à des impacts légèrement plus élevés.

 
CE EN 1078:2012

En Europe, les casques sont généralement certifiés selon les normes EN, la plus pertinente pour le cyclisme étant l’EN 1078. Cette certification inclut des tests d’absorption des chocs, de performance du système de rétention et de champ de vision. Les casques conformes à l’EN 1078 respectent les réglementations européennes strictes en matière de sécurité et offrent une bonne protection aux cyclistes.


ASTM

Cette norme, souvent utilisée pour les casques de VTT de descente, est plus exigeante que la plupart des autres. Elle teste les casques avec des impacts plus violents et des hauteurs de chute plus importantes afin de garantir une protection élevée. Elle impose également une ligne de test plus basse sur les côtés et l’arrière du casque. Les mentonnières ne sont pas obligatoires pour réussir ce test, mais si un casque en possède une, elle doit réussir un test de déflexion.


NTA

La norme NTA 8776 est définie dans l’accord technique néerlandais (NTA) 8776. Un casque certifié NTA est conçu pour offrir une protection renforcée contre des vitesses d’impact plus élevées et couvre une plus grande partie de la tête. Les vélos électriques, en particulier les modèles plus rapides, peuvent entraîner des impacts plus sévères en cas d’accident. Les casques NTA 8776 sont conçus pour réduire les risques associés à ces vitesses plus élevées.

Identifier les casques certifiés

La sécurité commence par la tête, littéralement. Recherchez la marque d’homologation, généralement située à l’intérieur du casque, sur l’emballage ou dans le manuel. Ces marquages confirment que le casque a passé les tests de sécurité essentiels et qu’il est conçu pour vous protéger dans des conditions réelles d’utilisation.

 

3. Une leçon rapide sur l’impact rotationnel

Cela ne s’arrête pas là. Certains fabricants de casques vont au‑delà des certifications standard. Pour comprendre comment, il faut d’abord examiner les différents types d’impact.

Il existe deux manières principales dont un casque peut heurter une surface dure lors d’une collision : l’impact direct et l’impact rotationnel.

L’impact linéaire, aussi appelé impact direct, se produit lorsqu’un cycliste tombe directement sur une surface dure. Par exemple, imaginez que vous vous soyez arrêté en toute sécurité sur un sentier de montagne. Une petite pierre située au‑dessus du chemin se détache et tombe vers vous. La protection contre les impacts linéaires vous protégerait si cette pierre venait heurter votre tête, même si ce scénario reste peu probable. La protection linéaire vise à réduire les forces d’impact élevées susceptibles de provoquer un traumatisme crânien direct ou même une fracture du crâne.

L’impact rotationnel se produit lorsqu’un cycliste chute sur une route, un trottoir ou une autre surface dure tout en étant en mouvement. Ce type d’impact entraîne un risque plus élevé de blessures graves à la tête, comme les commotions cérébrales, car le cerveau tourne à l’intérieur du crâne au moment du choc.

L’impact rotationnel peut arriver à n’importe quel cycliste, qu’il dévale un col alpin, qu’il enchaîne des sauts en VTT sur des sentiers forestiers isolés ou qu’il se promène tranquillement le long d’un canal un dimanche après‑midi.

La protection linéaire constitue la base de tout casque pour protéger votre cerveau. Pour une sécurité optimale, une combinaison de protection linéaire et rotationnelle améliore le niveau global d’absorption des impacts.

4. Une nouvelle norme pour l’impact rotationnel : EN 1078:2025

La norme européenne principale pour les casques de vélo évolue afin d’inclure des tests d’impact rotationnel en plus des tests linéaires verticaux déjà connus. Cela signifie que les casques seront désormais évalués dans des conditions de laboratoire qui reproduisent mieux les chocs réels, ceux qui font tourner la tête et augmentent le risque de lésions cérébrales.

Qu’est‑ce qui change dans la nouvelle certification EN 1078:2025 par rapport à l’ancienne EN 1078:2012 ?

1️⃣ L’impact rotationnel devient une partie du test. En plus des tests linéaires traditionnels, la nouvelle norme introduit une évaluation des chocs rotationnels. Ces mesures visent à limiter la vitesse de rotation de la tête lors d’un impact oblique.

2️⃣ Une méthode de test et une tête artificielle adaptées à la rotation. Les tests rotationnels utilisent une enclume en acier inclinée à 45° et une nouvelle tête artificielle plus réaliste. Quatre zones d’impact représentatives sont évaluées sur le casque. De plus, un test de rigidité de la mentonnière est ajouté pour les casques intégraux.

3️⃣ La norme continue de s’appliquer aux cyclistes et aux utilisateurs d’équipements présentant des risques similaires (par exemple, skateboards, trottinettes).

Comment les laboratoires déterminent‑ils la réussite ou l’échec ?

Les seuils principaux sont :

☑️ Accélération linéaire maximale ≤ 250 g (exigence inchangée)

☑️ Vitesse de rotation maximale ≤ 35 rad/s pour chaque point d’impact, et ≤ 30 rad/s en moyenne sur les quatre points.

Ces critères de réussite ou d’échec sont conçus pour réduire les risques et mieux gérer l’énergie d’impact dans des tests standardisés. Les résultats réels varient selon les circonstances d’un accident ; aucun casque (ni test) ne peut garantir l’absence de blessure. Cette nouvelle norme est actuellement évaluée par les principaux experts de l’industrie du cycle et devrait entrer en vigueur en 2026.

Pourquoi Lazer soutient EN 1078:2025

Nous adoptons EN 1078:2025 comme référence principale en matière de sécurité car elle repose sur une base scientifique solide, transparente et reproductible dans les laboratoires accrédités. Les résultats peuvent ainsi être vérifiés de manière indépendante par les centres de test et les médias. Nous pensons que le progrès passe par l’adoption de méthodes plus robustes et fondées sur des preuves, et par l’amélioration continue de nos conceptions. Cette nouvelle norme représente l’avancée la plus significative depuis des décennies pour les tests européens de casques de vélo. Elle évalue la manière dont les casques gèrent les impacts obliques auxquels les cyclistes sont réellement confrontés. Le changement peut être inconfortable ; protéger les cyclistes en vaut largement la peine.

Quel impact cela a‑t‑il sur les casques Lazer ?

Nous concevons nos casques pour offrir une protection contre l’impact rotationnel. Notre technologie d’impact KinetiCore donne aux designers les moyens de gérer les charges tangentielles en plus des impacts directs, afin de répondre aux critères rotationnels tout en préservant l’équilibre entre poids, ventilation et ajustement.

Découvrez la technologie d’impact KinetiCore ⬇️

5. Qu’est‑ce que KinetiCore et comment cette technologie rend‑elle un casque plus sûr ?

Il y a environ dix ans, alors que la compréhension des blessures liées aux impacts rotationnels progressait et que d’autres technologies apparaissaient, nous avons commencé chez Lazer à développer notre propre technologie innovante et propriétaire d’impact rotationnel, intégrée directement dans le casque plutôt qu’ajoutée comme une couche supplémentaire. Pour y parvenir, l’équipe de conception a dû repenser entièrement la structure du casque et repartir de zéro.

La première étape consistait à analyser comment différents types d’impact affectent les cyclistes. Grâce à des simulations avancées permettant d’étudier ce qui arrive au crâne et au cerveau lors d’impacts directs et rotationnels, l’équipe a créé des milliers de prototypes dans sa quête d’une nouvelle technologie.

Le moment décisif est survenu lorsque l’équipe s’est intéressée aux zones de déformation des voitures. Cela les a inspirés à créer, à l’intérieur du casque, des zones de déformation en forme de cônes, conçues pour se briser lors d’un impact et dissiper l’énergie loin du crâne du cycliste.

Le résultat est le système de Controlled Crumple Zones de KinetiCore : un ensemble unique de blocs en mousse EPS intégrés au casque, conçus pour se déformer lors d’un impact direct ou rotationnel afin de rediriger l’énergie loin du cerveau.

Pour reprendre une analogie familière : dans les voitures modernes, il existe des zones de déformation. Ce sont des zones spécialement conçues pour se briser autour de vous afin d’absorber l’impact en cas de collision. Nos zones de déformation contrôlées fonctionnent de manière très similaire pour protéger votre tête. Elles sont indépendantes mais agissent ensemble, de façon synchronisée, pour amortir l’impact et rediriger l’énergie.

6. La confiance commence par la clarté

La sécurité des casques de vélo est un sujet complexe, et aujourd’hui aucune méthode de test en laboratoire ne peut reproduire parfaitement la protection en conditions réelles. Dans le monde entier, des laboratoires universitaires de premier plan comme l’UNISTRA en France, le KTH en Suède ou le VTECH aux États‑Unis ont chacun développé leurs propres protocoles de test, utilisant des vitesses différentes, des points d’impact différents et des têtes artificielles avec des coefficients de friction différents. Cela fait déjà beaucoup de variables, mais surtout ces laboratoires intègrent les données d’impact dans un modèle de cerveau qui interprète les résultats différemment d’un modèle à l’autre.

Comme plusieurs modèles de cerveau sont utilisés, il a été démontré que des données de test similaires, introduites dans des modèles différents, produisent des évaluations de sécurité différentes. Ainsi, même si l’expertise de ces laboratoires n’est pas remise en question, leurs évaluations de sécurité restent incohérentes, ce qui crée au final de la confusion pour les fabricants comme pour les cyclistes.

La norme EN 1078:2025 propose une méthode unifiée qui mesure l’accélération linéaire maximale et la vitesse de rotation sans recourir à un modèle de cerveau. Elle fournit une référence claire et objective. Chez Lazer, nous pensons que les cyclistes méritent une transparence fondée sur des données fiables et reproductibles. Parce que la confiance commence par la clarté. 

[1] Olivier, J., Creighton, P., 2016. Bicycle injuries and helmet use: a systematic review and meta-analysis. Int. J. Epidemiol. 46, 278–292.


[2] Statens vegvesen, 2014. Temaanalyse av sykkelulykker. Statens vegvesens rapporter nr. 294.